Dans le monde de la lingerie raffinée et sexy, Chantal Thomass est une référence. Initiatrice des dessous à porter dessus, elle sublime la sensualité de la femme par ses créations. Bustiers, guêpières, porte-jarretelles, bas en dentelle, froufrou, combinaison, soutien-gorge… pour elle la lingerie n’est pas une mode à suivre, c’est un état d’esprit !
Sensualité, rigueur et provocation…
Chantal Thomass a fait ses débuts dans les années 1960, puis en 1967 elle monte sa première entreprise, Ter et Bantine, après avoir travaillé chez Dorothée Bis. Dans les années 70, alors que les femmes tombaient le soutien-gorge, sa première collection «loin des images de femme-objet» fait renaître les corsets, guêpières et porte-jarretelles… révolution dans le monde de la lingerie ! En 1980, elle crée les premiers bas et collants à dentelle. Les femmes savent alors qu’elles peuvent faire de leur dessous l’ultime atout de leur séduction.
En 1995, Chantal Thomass se vera remerciée par son actionnaire japonais, et interdite d’utiliser son nom. Mais en 1999, les dessous reprennent le dessus, elle récupère son nom, s’associe au groupe Sara Lee et signe sa nouvelle collection. La même année, le boulevard Haussmann est en effervecence… des mannequins vivants présentent la collection derrière les vitrines des Galeries Lafayette ! Cela devait durer 25 jours, mais au bout d’une semaine, le magasin annonce à la presse qu’il renonce au projet, sous la pression des mouvements féministes dénonçant « la marchandisation des corps » et un « diktat des modèles sexistes » ! Chantal Thomass, provocatrice ? un brin, oui... elle voulait représenter les femmes « dans leurs moments de détente de façon idéalisée avec de jolies filles »…en tout cas son retour a marqué les esprits !
En juillet 2001, le Musée de la mode de Marseille lui consacre une rétrospective. Balconnets gourmands, tailles de guêpe en guêpière dentelle, ballerine à pompons en satin, les créations de Chantal Thomass nous plonge dans l’univers des frous-frous des cabarets, des Pin’up américaines et des boudoirs du 17ème siècle. Photos, vidéos, dessins, objets et près de 200 modèles retracent plus de trente ans de sa carrière. De ses débuts ultra coloré, hippie des années 70, aux années 2000. En 2002 elle sera exposée au musée des Arts et de la Dentelle à Calais.
Le premier parfum est sorti. Gourmand et voluptueux, il séduira aussi par son joli flacon orné d’une jarretière.
En décembre 2004, Chantal Thomass ouvre une merveilleuse petite boutique, 211 rue St Honoré, style Napoléon III, un vrai bijou. Conçu et décoré par Christian Ghion, le lieu est à la fois sophistiqué et chaleureux. Bas, collants, nuisettes, parfums, petits sacs à main… ce boudoir revisité et stylisé deviendra vite le temple de la lingerie raffinée. «J'ai développé des petites lignes exclusives qu'on ne trouvera qu'ici et tous les mois de nouveaux modèles plus luxueux et plus chers viendront se rajouter. J'avais envie de refaire des corsets, des combinaisons de satin, des peignoirs de dentelle, des étoles de plumes.»
Sans aucun doute, Chantal Thomass porte bien les multiples surnoms que sa carrière lui a laissé, mais lequel lui préférez vous ? Déesse des dessous ou reine de la lingerie ? Quoi qu’il en soit, Chantal, vos frou-frou affriolants m’ont séduite depuis longtemps.
